Les labels aident les consommateurs dans le choix de leurs achats

La jungle des labels : comment consommer responsable ?

Les produits de consommation courante représentent 70% des émissions de gaz à effet de serre. Consommer responsable, c’est choisir d’acheter des produits plus respectueux de l’environnement : c’est exprimer son pouvoir de consommateur. Mais pour consommer responsable, il faut avant tout être bien informé ! Vous vous sentez parfois perdus dans la masse d’informations sur les produits ? Les labels environnementaux sont censés vous indiquer vers quel produit se tourner mais ils sont de plus en plus nombreux, parfois controversés et perdent de leur influence. Comment fonctionnent-ils ? A quels labels pouvons-nous réellement faire confiance ?

On verra dans un second temps l’émergence d’un nouveau mode de consommation. Des entreprises indépendantes des acteurs du marché développent des plateformes et applications afin de rendre plus transparentes les conditions de production d’un produit, et leur impact sur la santé, l’environnement, etc… Ce mode d’évaluation de la qualité des produits devient de plus en plus populaire et constitue une alternative aux labels environnementaux, comme le phénomène de la startup française Yuka le démontre.

On décrypte tout ça, afin de vous donner les clés pour mieux consommer. On en profite aussi pour vous expliquer le projet de Nouveaux-Consos, qui participe à rendre plus transparent l’impact environnemental des produits électroménagers ! 

Qu’est-ce qu’un label environnemental ? 

Label de qualité et label environnemental 

Un label de qualité est un moyen d’information du public qui met en avant les qualités objectives d’un bien, d’un service ou d’un environnement, et se matérialise par un logo et un nom. Un label environnemental permet donc de mettre en avant l’impact environnemental limité d’un produit.

Quelques labels de qualité
Quelques labels de qualité
Source : Capital.fr

Les labels peuvent ou non être soumis à un référentiel, c’est-à-dire un cahier des charges qui décrit des critères environnementaux, et certifiés par une tierce partie indépendante. Dans le cas où ceux-ci ne sont pas certifiés, on parlera plutôt de pseudo-labels, puisque l’appellation “label” est destinée aux labels officiels dans la réglementation française. 

A quoi servent-ils ? 

Les labels ont pour but de réduire l’asymétrie d’informations entre les consommateurs et les vendeurs, et rendre plus transparent le marché.

Les consommateurs, soucieux de consommer “mieux”, choisiront des produits labellisés, certifiant la qualité, la provenance, l’impact environnemental, etc… 

Les vendeurs, eux, utilisent le label pour se distinguer de leurs concurrents, et “accaparer” la part de marché des consommateurs intéressés. 

Enfin, les pouvoirs publics se servent des labels pour influencer la société vers de “meilleurs choix”, sans passer par l’interdiction. En mettant en place des labels, ils donnent les moyens aux entreprises de se distinguer. Avec le temps, une majorité d’industriels font en sorte d’acquérir le label, en intégrant dans leur production le cahier des charges auquel le label est soumis. Afin de permettre aux entreprises de se distinguer à nouveau, les critères des labels évoluent et deviennent de plus en plus ambitieux. À terme, cela mène à l’évolution globale de la qualité des produits.

Les labels environnementaux aujourd’hui 

La multiplication des labels

Les labels environnementaux sont des repères pour les consommateurs afin d’identifier les produits plus respectueux de l’environnement. Selon le baromètre GreenFlex (2021), 72% des personnes interrogées sont mobilisées en faveur de la consommation responsable ! Cette tendance se conjugue avec leurs préoccupations principales : la santé (71%) et le bien-être de leurs proches (67%), des préoccupations certainement exacerbées par la situation sanitaire. 

Dans ce contexte de consommation responsable de plus en plus accrue chez les consommateurs, la labellisation a donc une place importante à jouer. La quantité de labels augmente, notamment dans les secteurs de l’alimentaire, l’hygiène et la cosmétique, où les produits ont un impact direct sur la santé, et où les intérêts « sanitaires » rejoignent souvent les intérêts écologiques (des produits plus naturels seront meilleurs pour la santé mais aussi pour la planète). 

Les marques cherchent de plus en plus à se distinguer sur ces sujets, et on voit la multiplication de logos divers, certifiant la qualité, la provenance, les modes de production et bien d’autres critères du produit. Seulement, avec la multiplication des labels, il est maintenant dur de s’y retrouver dans « la jungle des labels ».

Comment reconnaître un bon label environnemental ?

L’efficacité dépend du choix des exigences fixées par son cahier des charges d’une part, et de l’indépendance et de la rigueur de l’autorité qui vérifie que les critères sont satisfaits d’autre part. Il est compliqué voire impossible en tant que consommateur, de vérifier ces critères pour chaque label que nous rencontrons. Il est plus simple de se tourner vers les labels les plus sûrs, ceux qui sont certifiés, et éliminer les auto-déclarations et autres pseudo-labels, certainement plus proches de greenwashing que d’un réel effort environnemental.

Certains labels participe aux greenwashing des entreprises
De nombreux produits se revendiquent bons pour l’environnement
source : moncornerb.com

Pour les labels environnementaux et selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), nous devrions donc bannir les labels sans certification ou cahier de charge. L’agence recommande plus particulièrement les écolabels. Ce sont les labels soumis à la norme de l’Organisation internationale de la normalisation (norme ISO 14024) qui définit les exigences d’utilisation et d’attributions des labels environnementaux. Entre autres : 

  • Certification par une tierce partie indépendante 
  • L’aptitude à l’usage du produit
  • La révision régulière des critères 
  • L’approche du cycle de vie et multi impact des critères environnementaux

Les écolabels notamment mis en avant par l’Ademe : l’Ecolabel Européen, l’Ecolabel Nordique, Angle Bleu. L’Ademe certifie aussi que l’on peut faire confiance au label Agriculture Biologique (AB) pour les produits alimentaires.

labels conseillés par l'Ademe
Quelques labels conseillés par l’Ademe
Source : Ademe

Pour les appareils électroménagers, les labels énergétiques européens attribuent une note à un produit selon la quantité d’énergie que consomme un appareil. Cette note varie entre A à G pour certaines catégories de produits (réfrigérateur, lave vaisselle, lampes…), et entre A+++ à D ou E pour d’autres. 

Pour des conseils plus précis, le site de l’Ademe propose une évaluation des labels en fonction du produit désiré avec des détails sur les critères de chaque label pour chaque produit !

Les limites de l’influence des labels 

L’usage des labels fait aujourd’hui face à plusieurs obstacles. Les labels et pseudo-labels sont de plus en plus nombreux, ce qui noie le consommateur dans le flot d’informations. Ils sont aussi peu clairs, et l’Ademe conseillait d’ailleurs en 2018 de rendre la communication environnementale plus accessible. Malgré l’étiquetage des produits, les consommateurs sont donc insuffisamment informés.

Enfin, les consommateurs sont de plus en plus méfiants envers l’industrie. Les scandales dans l’industrie agro-alimentaire ont notamment impacté leur confiance (vache folle, grippe aviaire, OGM, viande de cheval etc…). L’indice de confiance des consommateurs envers les informations sur les produits biologiques est d’ailleurs en baisse : moins de 6 français sur 10 ont confiance, selon les chiffres de l’Agence Bio à ce sujet. Cette méfiance est d’ailleurs justifiée face à l’usage excessif de pseudos-labels par les industries pour se donner une image plus responsable.

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Infographie sur la confiance des français envers les informations des produits biologiques
Source : Agence Bio

Les plateformes et applications consommateurs : une alternative aux labels ? 

Ce sentiment de la part des consommateurs d’être mal informés et parfois dupés par l’industrie a conduit à l’émergence de nouveaux outils de consommation : les applications consommateurs, et autres plateformes facilitant la transparence des produits.

Les applis consommateurs : un nouveau mode de consommation

Ces applications proposent le décryptage d’une marque ou d’un produit indépendamment des acteurs du marché. Elles ont vu leur nombre d’utilisateurs se multiplier ces dernières années. 

Le phénomène Yuka

Impossible de passer à côté de Yuka, figure de proue des applications consommateurs. La célèbre entreprise française lancée en 2017 a conquis en 4 ans près de 21 millions d’utilisateurs ! Elle a commencé par l’évaluation de produits alimentaires, par une notation de 0 à 100, et des mentions : mauvais, médiocre, bon, excellent. Son évaluation se base à 60% sur le nutri-score, à 30% sur l’impact des additifs et à 10% la présence d’un label bio. Elle s’est ensuite élargie au domaine de la cosmétique. L’application Yuka repose majoritairement sur des critères de santé, plutôt que sur l’impact environnemental. Mais d’autres applications vont plus loin et prennent en compte d’autres critères.

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Les consommateurs utilisent de plus en plus les applications comme Yuka
Source : francebleu.fr

D’autres applications qui vont plus loin

C’est le cas de Mylabel, une application plus récente. Elle évalue non seulement la qualité nutritive d’un aliment, mais juge aussi des critères tels que le respect de la biodiversité, la pollution émise, les conditions de travail, etc… Mylabel permet aussi de rentrer son profil consommateur, en indiquant les critères qui comptent le plus pour l’utilisateur. Ainsi, l’évaluation des produits devient plus personnelle.

L’appli Clear Fashion s’intéresse, elle, aux marques et produits de mode, et évalue sur leur impact environnemental, social, sanitaire et sur la condition animale.

Chez Nouveaux-Consos, c’est dans cette même optique que le score carbone a été développé. Ce score (allant de A à E) permet d’évaluer la quantité de CO2 émise par un appareil électroménager, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie du produit ! Sur la plateforme en ligne, des alternatives de produits moins émetteurs sont proposées afin de faire le meilleur choix, en toute transparence.

Le score carbone prend en compte l’ensemble du cycle de vie des produits
Source : Nouveaux-Consos

Prise de pouvoir des consommateurs

L’émergence et la multiplication des applications décryptant les produits a permis aux consommateurs de reprendre le pouvoir sur leur consommation. Contrairement aux labels, les informations ne concernent pas seulement les « bons élèves », mais tous les produits qui sont ainsi passés au crible. Là où la labellisation récompensait les démarches responsables, les outils émergents vont plus loin en punissant (d’une certaine façon) les produits les plus mauvais, et proposant parfois des alternatives à ceux-ci. Ainsi, les consommateurs font des choix, face à des options plus transparentes.

Cette prise de pouvoir, ce nouveau mode de consommation où le consommateur devient proactif impacte les industries. Comme les labels, ils poussent certaines entreprises à revoir leur mode de production, et à l’adapter aux évaluations afin de se distinguer. On voit d’ailleurs de plus en plus de produits ou de marques qui revendiquent un « 100/100 sur Yuka ». Dans ce sens, les applications influencent le marché de la même façon qu’un label.

Capture d’écran du site de la marque Typology qui intègre la note Yuka dans sa communication
Source : Typology.com

D’un autre côté, ces entreprises font face à la colère d’une partie de l’industrie, défavorisée par la notation, et ne comptant pas faire évoluer leur mode de production. La fédération française des industriels charcutiers traiteurs (FICT) a notamment attaqué Yuka en justice. La justice a condamné cette dernière pour « acte de dénigrement » au sujet des additifs nitrités présents dans la charcuterie. En revanche, le groupe d’industriels avait aussi demandé à ce que l’application revoit sa notation de la charcuterie, ce qu’ils n’ont pas obtenu. 

Le pouvoir que donnent ses applications aux consommateurs a donc un impact conséquent. Il influence largement l’industrie, qui décide, soit de se plier aux exigences de qualité des consommateurs, soit de combattre ce nouveau mode de consommation.

Qu’est-ce qu’on en retient ?  

Les labels servent de repères afin de faire des choix plus responsables, ce que les consommateurs désirent de plus en plus. Ils permettent aussi aux entreprises de se distinguer des autres. Cependant, cette opportunité économique mène à une utilisation abusive des labels : des entreprises affichent parfois des « pseudos-labels », non certifiés, une forme de greenwashing. 

Face à la multiplication des labels et la défiance des consommateurs envers l’industrie, de nouveaux médiateurs de la consommation ont émergé. Généralement sous forme d’application, des entreprises indépendantes des acteurs du marchés comme Yuka ou MyLabel permettent de décrypter un produit selon différents critères. Elles présentent une alternative intéressante aux labels puisqu’elles donnent plus de pouvoir aux consommateurs. 

La popularité des labels et des applications se concentre cependant majoritairement dans le secteur de l’agro-alimentaire et de la cosmétique, où les intérêts des consommateurs pour leur santé rejoignent les intérêts environnementaux. Il est nécessaire d’élargir la transparence des produits dans une démarche plus globale de consommation responsable. Ainsi, chez Nouveaux-Consos, notre objectif est de mettre en avant des choix d’appareils domestiques plus responsables (moins polluants et plus durables), grâce au score carbone. 

Les consommateurs ont un rôle important à jouer dans la transition écologique, et chacun de leur choix doit être le plus transparent possible.

Sources 
https://librairie.ademe.fr/consommer-autrement/1043-avis-de-l-ademe-sur-labels-environnementaux.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Label_de_qualité
https://www.infoqualite.fr/accordance-18/
https://www.cairn.info/journal-gouvernement-et-action-publique-2014-3-page-7.htm
https://www.agencebio.org/wp-content/uploads/2020/02/AGENCE-BIO-DOSSIER-DE-PRESSE-BAROMETRE-2020-def.pdf
https://presse.ademe.fr/2021/05/14eme-barometre-de-la-consommation-responsable-2021.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Yuka_%28application%29
https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/nutrition-et-activite-physique/articles/nutri-score
https://yuka.io
https://www.mylabel.io
https://www.clear-fashion.com
https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/07/09/dans-l-agroalimentaire-la-bataille-pour-l-etiquetage-fait-toujours-rage_6087664_3234.html

1 réflexion sur “La jungle des labels : comment consommer responsable ?”

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